lundi 8 décembre 2014

J'ai lu Comment chier dans les bois, et je suis déçu ! 2014 100

Annoncé comme une révélation, "chier dans les bois" bénéficie de critiques d'un enthousiasme excessif.
Est-ce justifié ?




 Traduit de l'Américain, Chier dans les bois, fixe des codes, et définit des conduites destinées en grande partie aux Américains vivant aux États-Unis (le pays des poulets chlorés !).
Ce livre s'adresse, principalement, à des personnes, fréquentant des sites déjà surpeuplés de touristes, des personnes participants à des manifestations de masse, etc.
Un adulte ayant passé son enfance dans la cambrousse, n'apprendra pas grand-chose. Il n'y a rien qu'il  ne connaisse déjà !
Un long, trop long, chapitre sur les maladies intestinales et leur transmission. Des pages et des pages nous expliquant comment filtrer l'eau avec bien évidemment, la pub pour le matériel qui va bien.
Ce livre contient toutefois quelques conseils intéressants à retenir :
- ne jamais déposer sa merde dans un cours d'eau, ou dans un endroit susceptible d'être lessivé par les eaux pluviales.
- choisir soigneusement la végétation destinée à vous essuyer, pour éviter des désagréments !
- ramener son papier toilette, ou le déposer dans une poubelle, ne pas le laisser dans la nature.
Suivent de nombreuses pages consacrées à la promotion de systèmes (Mad in USA) permettant de ramener sa merde à la maison, ou dans des dispositifs prévus pour cet usage.
À ma connaissance de telles installations n'existent ni en France ni en Europe (?).

Un point positif, loin de la pudibonderie ambiante, les choses sont nommées sans faux-fuyant. Contrairement au Petit Larousse qui nous stipule que merde est un mot vulgaire désignant les excréments de l'homme et de certains animaux !

Les pages 73 à 83,101 à 106, 108, 109 et 111 sont dédiées à la pub.
Cela fait beaucoup (beaucoup trop) pour un livre de moins de cent pages (utiles).

Je termine en ajoutant que cet ouvrage est dans l'air du temps. Il s'adresse en particulier aux bourgeois sensibles au problème de la "nÂture" désirant agir pour la planète !

Faut-il acheter ce livre à 12 € soit, 78,71 francs ?
Le mien est à vendre !

Ne manquez pas notre prochaine enquête : comment chier proprement à Bleau ou Comment je fais pour chier propre et ne pas imposer ma merde aux promeneurs !

 

Une perle de dernière minute :
Lue sur le site officiel du parc de la Vanoise/
Ne brûlez pas les déchets (pollution et risque d'incendie) mais redescendez-les du lieu de pique-nique et du refuge pour recycler ce qu'il est possible de recycler [...]
Brûlez le papier toilette
Énorme

Voici quelques critiques négatives, concernant ce livre, relevées sur la toile :



1 Euh, les américains, c'est pas ceux qui n'ont pas ratifié le traité de Kioto?
Belle éducation ;O))


2 Couler un bronze en pleine forêt me gêne moins que d'aller dans de belles toilettes, bien propre...et la merde, elle va où??
J'ai travaillé pour France Assainissement, constructeur de station d'épuration. L'eau propre et potable que j'ai englouti en tirant la chasse et rejetée, post traitement dans la rivière où je n'irai pas me baigner.
Alors un bouquin pour dire : je fais dans la forêt et je recouvre de feuille ne m'inspire pas plus que ça.

3 Si j'ai bonne mémoire, le bouquin parle justement du sujet des parcs, et du Colorado en particulier, ou les rando en rafting sur plusieurs jours sont légion. Et ou les points de campement sont très restreint. Donc, si il n'y a pas un minimum d'organisation, ces points vont rapidement devenir totalement insalubre ... C'est pourquoi ils ont choisis l'option " je repars avec ce que j'avais en arrivant" ..
Le bouquin aborde le sujet écologique, mais surtout le coté respect de ceux qui vont passer après moi. Donc, pas d'opposition a laisser son cadeau derrière un arbre, a
condition qu'il n'y ai pas du papier partout autour qui s'envole au premier coup de vent, et que ceux qui arrivent derrière ne soient pas obligés de marcher dedans pour
continuer leur chemin ... Mais cela s'appelle de la jugeote, et je pense que par ici on en a pas mal ..peut être ailleurs faut il l’écrire pour que les gens y pensent ...

4 Même s'il est vrai que l'on peut reconnaître que traiter un tel sujet consiste peut-être à exploiter un "filon" un peu tendance style "préservons la planète", il a le
mérite de pouvoir nous aider à nous débarrasser d'idées plutôt fausses.

5 Je me suis inquiété plus sérieusement quand j'ai réalisé que cet excité n'était autre que le traducteur lui-même. Il sert mal le texte, en effet, même si le corps de l'ouvrage est moins clignotant que l'avant-propos, mais on voit bien les négligences qui traînent çà et là. L'auteur s'avère elle-même décevante, bavarde et superficielle. On attendrait des considérations techniques, on trouve surtout des chapelets d'anecdotes plus ou moins pittoresques. Il n'était pas évident qu'un manuel sur l'art de chier s'avère aussi emmerdant, mais c'est le cas. Je finirai peut-être de le lire, un jour.

6 En fait, à l'origine, il s'agit d'un véritable guide pratique au sens strict ; sauf qu'il est complètement déphasé avec notre culture française.
Quelque points chimiques et physiologiques sont intéressants, mais de là à en faire un guide, il y a un pas.
En fait l'ouvrage s'avère plus être un guide sociologique sur la façon de vivre, de penser et de s'intégrer dans la nature pour les civilisations anglo-saxonnes quelquepeu coincées à ces entournures là.
Je me rappelle à présent les coups de klaxon que j'ai essuyé alors que je pissais le long de l'orée d'un bois en Grande-Bretagne.

7 L'auteur n'a fait que deux erreurs selon moi cruciales :
 Dans le chapitre "toilettes mobiles" elle n'évoque jamais les toilettes sèches. Tous les conteneurs qu'elle décrit sont chimiques, ou composés d'un mélange pisse-eau-merde à vider dans des conteneurs encore plus gros.
Dans le chapitre "femmes - pipi - règles" elle n'évoque JAMAIS la coupe menstruelle, dont les avantages en camping sont 10000 fois supérieurs à une protection périodique en coton. 10000 fois supérieurs en tout, à vrai dire.
Autre point : on ne randonne pas / chie pas tous dans les Rocheuses ou dans le Montana.
J'aurais donc apprécié d'avantage de notes du traducteur, ou éventuellement une collaboration de Mme Meyer avec des spécialistes européens pour une meilleure adaptabilité de certains conseils pratiques.
Néanmoins, ce livre est un véritable bijou sur un sujet qui ne devrait pas être tabou.
On a tous, au moins dans notre vie, chié à l'extérieur, dans des conditions difficiles et humiliantes, alors que non, en fait, selon Kathleen, le caca dans la forêt, c'est cool.
Il serait particulièrement intéressant de développer les sections suivantes :
- Comment chier au bureau (ou l'art de travailler en open space après des flageolets à la cantine).
- Comment chier en ville (quand il fait nuit, que tu es loin de chez toi, que les bars sont fermés, et que tu n'as plus un sou pour les sanisettes).
- enfin et non des moindres Comment chier sur les aires d'autoroutes (ce petit chemin boisé qui sent bon la groseille et les viols en réunion).


8 L'inconvénient de ce livre c'est que ça manque de schémas et d'illustrations pour qu'on puisse réellement se représenter les diverses techniques abordées. Un dessin ça reste quand même plus explicite que du texte et c'est ce qui manque vraiment dans ce bouquin. Y'a aussi des passages qui font carrément catalogue quand Kathleen nous présente divers produits avec les références, les coordonnés et tout. Surtout qu'on s'en masse un peu la chatte vu que ces produits ne sont dispo qu'aux USA ! D'ailleurs c'est là aussi un des défauts du livre c'est que les conseils et explications données s'appliquent surtout pour l'Amérique du Nord. Pour les Européens, si vous voulez des renseignements sur des modèles de toilettes portables vendues en Europe, ben faudra chercher vous-même.
Bon certes c'est pas un livre indispensable quand on n'a pas l'habitude de partir plusieurs jours/semaines/mois en randonnée ou en trek, mais ça reste très intéressant

9 à lire. On apprend pas mal de trucs qui restent toujours bon à savoir. Mais surtout, le véritable intérêt de ce livre réside dans cette prise de conscience que Kathleen Meyer souhaite nous faire prendre sur le désastre écologique que peut représenter notre merde. Et ça, c'est quand même vachement important.

10 A propos de ce qu'on fait de nos excréments, il a deux façons de faire :
faire contre la nature : empêcher toute décomposition, ou tout contact entre la matière organique et nous : c'est la solution de la chaux vive, du Crésyl (bien connu pour les feuillées des scouts ; soit dit en passant, on écrit feuillées et pas feuillets) ou du sac en plastique. C'est aussi la solution aberrante de nos toilettes : utiliser 10 litres d'eau potable pour déplacer le problème plus loin, en polluant des eaux dites "grises", qui auraient été bien plus faciles à épurer sans la crotte qui les transforme en eaux dites "noires" ! faire avec la nature : les excréments sont certes pathogènes s'ils sont en contact direct avec nous, mais heureusement un compostage aérobie permet de neutraliser progressivement ces excréments. C'est pourquoi, en randonnée par exemple, il est illogique de les enterrer au-delà de 10 cm (car c'est dans la couche supérieure de la terre qu'il y a les bactéries aérobies et les divers insectes qui prendront soin de transformer nos cacas en fertilité pour le sol). Si on chie régulièrement au même endroit, on ne peut pas se contenter d'un petit trou, il faut faire des toilettes sèches. Le mot "sèches" est très important : il faut protéger de la pluie, et séparer l'urine. Il faut ajouter un produit sec et carboné : feuilles mortes, paille, sciure... Si c'est trop humide ou pas assez aéré, on passe en anaérobie : ça pue et c'est plus contaminant. Cf. la littérature abondante disponible sur ce sujet.

11 hygiène comment chier dans les bois?
Je l'ai expliqué sur le topic dédié aux toilettes sèches, séparer l'urine des fecs et assécher la sciure est seulement utile pour ceux qui vivent en appart et qui veulent réduire la quantité du "compost" et vider moins souvent leurs TS (toilettes spéciales : nécessitant un système d'aération électrique). L'urine est nécessaire à un bon compostage et comprends des éléments indispensables. L'humidité doit être contrôlée (ni trop, ni trop peu) afin que le compostage est lieu (à sec le compostage est impossible). Bref, pour un bon compostage (pour ceux qui veulent faire du terreau), ne séparez pas l'urine du reste (sacrilège).

Etc etc











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