mardi 28 juillet 2015

Gelée de nèfles et néfliers en Forêt de Fontainebleau . 2015 064

- Reconnaître le Néflier commun ;
- Confectionner de la gelée de nèfles ;
- Multiplier les néfliers et les greffer ;
- Pour ne plus confondre les nèfles avec d'autres fruits ;
- La lente disparition des néfliers en forêt de Fontainebleau.


 RECONNAÎTRE LE NÉFLIER 
Mespilus germanica

Le Néflier commun Mespilus germanica est un petit arbre qui ne semble pas dépasser une hauteur de 5 à 6 mètres en forêt de Fontainebleau.


Il peut, dans certaines conditions, former un buisson de un ou deux mètres seulement, sa hauteur dépend à mon avis des conditions d'éclairement et du sol sur lequel il a élu domicile.



Il pousse le long des lisières, dans quelques fourrés, et sur les coteaux exposés au sud.
Ce n'est qu'au moment de sa floraison qu'il est remarqué, le reste du temps il passe plutôt inaperçu.



Le tronc,l'écorce, et les épines.

Son tronc est bien souvent difforme et écailleux,




Ses rameaux, et parfois son tronc, portent des épines redoutables pouvant provoquer de graves blessures. 




Les feuilles.

Les feuilles simples, finement dentées, sont assez banales, la couleur vert mat du dessus contraste avec le dessous un peu plus pâle et duveteux.





Flèche rouge, dessous de la feuille et jaune dessus.


La floraison du Néflier commun Mespilus germanica .
 
D'une pureté virginale, sa floraison ne dure que peu de temps, les corolles disparaissent rapidement laissant la place à de petits fruits.  




Les fruits. 

Cul de chien, cul de singe, sont des qualificatifs locaux désignant le fruit si particulier du néflier : la nèfle.




De la fleur au fruit. 
 
Le fruit vu du côté opposé au pédoncule ressemble à la tête d'un vieux roi mage, une couronne, (les vestiges des sépales flèches vertes) quelques cheveux épars (vestiges des étamines flèches jaunes) et une étoile dans le fond du réceptacle.



Évolution de la fleur au fruit.
 
En rouge le conceptacle évoluant vers le fruit charnu, en vert les sépales, en jaune les étamines, en bleu les pétales, en violet très clair l'ovaire contenant les ovules.
Il s'agit bien d'un fruit complexe, ou selon certains auteurs d'une fausse drupe.




Les graines.

Chaque fruit contient cinq graines enfermées dans une coque très résistante, ce qui explique, peut-être leur germination très aléatoire. 


La peau de couleur brune, est parsemée de taches marrons légèrement surélevées (ce n'est toutefois, pas la règle).


Changement de couleur et récolte des fruits.
 
En mûrissant la peau de couleur marron clair passe rapidement au brun foncé, ce phénomène semble s'accélérer après les premières gelées.




Divers degrés de maturation


Différents stades de maturation. 


Ce changement de couleur, et le début de la consommation des nèfles par les oiseaux, donnent  le signal de la récolte !



Cette lente métamorphose d'une chair dure, et acerbe en une sorte de "purée" sucrée  caractérise la nèfle.
Les livres de recettes nous recommandent de cueillir, et de préparer les fruits lorsqu'ils sont blets, mais que signifie ce terme et comment reconnaître des nèfles blets ?


Voici ce que nous dit Wikipédia à ce propos :


La nèfle a la particularité de ne pas être consommable à maturité, car elle est trop dure et trop acerbe, à cause de la richesse en tannins du mésocarpe. Elle ne peut être consommée qu'après blettissement. La récolte de fait a lieu à complète maturité, en général après les premières gelées, et le blettissement consiste à disposer les fruits sur un lit de paille pendant une quinzaine de jours. Il se produit alors une fermentation naturelle qui modifie la composition chimique du mésocarpe et le ramollit. Le fruit blet est sucré, mais ne contient pas de saccharose, seulement un mélange de glucose et du fructose (sucre inverti) et un peu d'alcool. Il a un goût un peu vineux. 


La signification de blet en image.
 
Une sorte d'alchimie se produit à l'intérieur de fruit transformant une chair impropre à la consommation en une purée délicieusement  âpre. Cette "compote" a beaucoup de points communs avec la chair des cynorhodons (fruit de l'églantier). 



L'aspect général est celui d'une purée de fruits un peu rougeâtre.


CONFECTIONNER DE LA GELÉE DE NÈFLES
 
La gelée de nèfles.

Après la récolte, les nèfles sont disposées dans un lieu abrité mais non chauffé, en attendant leur complète maturation.
Passé ce délai, elles sont lavées, déposées dans un récipient, recouvertes d'eau, puis mises à bouillir. 



La cuisson des fruits, à petit feu, dure une heure, à une heure trente. Les fruits légèrement pressés seront égouttés deux ou trois heures.


Le jus obtenu est finement filtré, avec un tamis très fin comme  ceux utilisés dans les cafetières électriques.
750 à 800 grammes de sucre cristallisé, par kilo de jus, sont ajoutés, un peu moins s'il s'agit de de sucre spécial confitures.



Le mélange est remué jusqu'à complète dissolution.


Le sirop obtenu est chauffé pendant 6 à 7 minutes avec un sucre spécial confitures, et 20 à 30 minutes pour un sucre cristallisé.
Nota : Pour connaître le degré de prise d'une gelée, verser une goutte sur une assiette froide. Incliner l'assiette à la verticale, la goutte doit rester figée sur l'assiette, dans le cas contraire continuer la cuisson.

En cours de cuisson écumer régulièrement le sirop. 



Pots et couvercles sont préalablement lavés, et stérilisés à l'eau bouillante en attendant de recevoir la gelée.


La gelée est versée dans les pots à l'aide d'un entonnoir. Les pots sont fermés, retournés puis placés dans un endroits frais jusqu'à complet refroidissement (attention au risques de brûlures) des gants ne sont peut-être pas inutiles !
Nota : il existe deux écoles concernant la fermeture des pots : à chaud ou à froid !


 Réussite complète, une belle gelée translucide aux couleurs mordorées.



 MULTIPLIER LES NÉFLIERS et LES GREFFER

Duhamel a éprouvé , qu'en mettant, dès. la fin de septembre, les fruits, aussi-tôt qu'ils sont mûrs, lits par lits , avec de la terre un peu humide, et les semant au printemps suivant dans des terrains sur couche, les semences lèvent dès la première année. Ou peut aussi multiplier le néflier par marcottes, de même que par la greffe; on les greffe pour l'ordinaire sur l'aubépine, sur le poirier sauvage , sur lui-même, et sur l'alisier. On prétend que le néflier greffé sur poirier franc , donne de bien plus grosses nèfles, et de meilleur goût que celui qui est greffe sur l'aubépine, demeure bas pendant plusieurs années, et que son bois devient extrêmement dur ;
Extrait in extenso de : Traité de la culture des arbres et arbustes : qu'on peut élever dans le royaume, et qui peuvent y passer l'hiver en plein air : avec une notice de leurs propriétés économiques, et des avantages qui en peuvent résulter pour la France, en les y multipliant  Pierre-Joseph Buchoz 1786-1800.


Au cours d'un voyage dans le sud de la France j'ai eu l'occasion de rencontrer des néfliers bien curieux installés sur le bord d'une route de campagne.



Il s'agit comme le préconisait  Duhamel de Néfliers communs Mespilus germanica greffés sur des poiriers sauvages. Cette greffe permet une récolte de fruits plus gros. 
Nota : les photos ci-dessous datent d'une année particulièrement sèche. La croissance des fruits a été ralentie par ce manque d'eau, ce qui explique leur relative petite taille.








Nous pouvons observer sur ce Néflier greffé des ressemblances frappantes avec les fruits et les feuilles du poirier !


Ne plus confondre les nèfles avec d'autres fruits.

Les Nèfles communes  Mespilus germanica sont très souvent confondues avec les Nèfles du Japon Eriobotrya japonica voire même avec les fruits du Sorbier domestique Sorbus domestica 

La Nèfle commune Mespilus germanica


 La Nèfle du Japon Eriobotrya japonica




On rencontre de plus en plus cette Nèfle du Japon sur les marchés!

Nous pouvons, également, rencontrer la nèfle greffée dans diverses variations. Tout dépend du porte greffe ! (voir plus haut)


Les fruits du Sorbier domestique.[Lien]
Dans certaines régions, et plus particulièrement dans le sud de la France, les autochtones appellent les fruits du Sorbier domestique  des nèfles !




Le devenir du Néflier commun en forêt de Fontainebleau.

Le Néflier commun disparaît de la forêt de Fontainebleau, personne ne s'en alarme.
Les coupes à blanc ont raison du Néflier commun et de tous les arbres ou arbustes jugés sans intérêt puisque  sans rapport !
Ne l'oublions pas, un végétal qui disparaît entraîne également dans sa chute une foule de commensaux.

Liste non exhaustive des arbres bellifontains éradiqués par l'Office National des Forêt .

- Pommier sauvage  Malus sylvestris ;
- Merisier Prunus avium ;

Inutile de faire un long discours, Il suffit de se rendre sur les scènes de crime !
Pourtant l'O N F nous assure que tout va bien, que la forêt n'a jamais été aussi bien gérée.
Ben voyons !





Tiens ici "ils" ont oubliés quelques Houx.




Cet article est paru une première fois en 2011 sur overblog.
Cette plateforme d'hébergement a depuis cette date fait preuve d'un acharnement sans pareil pour imposer aux blogueurs des pub débiles.
C'est pourquoi vous le retrouvez aujourd'hui sur blogger sans pollution visuelle, gênant la consultation.
Merci de votre attention











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