dimanche 7 février 2016

Peintres, peintures marques peintes sur les arbres en forêt de Fontainebleau. 2016 013

 

Les rois de la peinture en aérosols.


La lecture et le déchiffrement des indices de présence laissés par la faune peut aller de pair avec l'étude des indices liés aux actions humaines, autrement dit aux activités anthropiques.
La forêt n'est plus un espace naturel, quoiqu'en disent les forestiers.
Il suffit pour s'en convaincre de parcourir certaines allées de la forêt de Fontainebleau pour constater bien vite que, du champ au bois, nous avons affaire, à la même gestion désastreuse, voire calamiteuse.

Les marques de peinture.

 

Largement utilisées en forêt pour organiser le travail des forestiers, les marques peintes sont nombreuses et variées.
C'est un véritable festival de bleu, de jaune, de blanc, de rouge, de chamois, de noir, d'orange, de vert... ! Je n'aborde pas dans cet article la signalisation destinée à orienter varappeurs, randonneurs, "vététistes", naturalistes en herbe, chasseurs, cavaliers, automobilistes, campeurs, camping-caristes, touristes lambda...



Règles générales du marquage utilisé par l'O.N.F :


Les couleurs portées sur les arbres varient en fonction des choix.
Les couleurs chaudes, rouge, orange, jaune désignent les arbres à abattre, tandis que les couleurs froides, blanc, vert, bleu, sont utilisées pour ceux à préserver (semenciers, arbres bio, arbres remarquables, etc.)
La peinture de couleur chamois sert généralement à marquer des arbres à préserver.
Nous sommes en France, entre les règles et la pratique il y a parfois de grosses différences comme nous allons le voir !

Définir des chemins de vidange ... 









Préserver, ne pas couper, de beaux sujets, des porte-graines.












Délimiter des espaces à gyrobroyer, le nec plus ultra du travail soigné



Marquer, repérer ?







Marquer les limites de la forêt, de zones, affirmer la propriété, renforcer la présence de bornes.


La peinture chamois.

Je dois avouer que je l'ai rarement observée à Fontainebleau.
Comme indiqué plus haut, elle sert à marquer des arbres que l'on veut épargner.
Les chandelles (arbres morts sur pied), les arbres sénescents, sont marqués d'un triangle chamois.
Les arbres à cavités basses, les arbres à cavités de pic, ou les arbres largement fendus, les gros et vieux arbres à cavités, les arbres support de nid, sont marqués d'un rond chamois.

Ce n'est pas du tout le cas ici, je peux vous l'assurer. Sans doute estime-t-on dans les hautes sphères de l'O.N.F que les arbres marqués d'un rond bleu, et les réserves biologique suffisent amplement ! Les arbres avec des trous de pic, les arbres fendus, et ceux avec des grosses cavités sont donc tout simplement abattus.






Voici une belle aubépine monogyne Crataegus monogyna sur laquelle, me semble-t-il ont été peints un triangle chamois, et une bande blanche Signalisation indiquant au bûcheron que ce sujet doit être épargné.
L'état du marquage, ne présage rien de bon pour le futur de notre arbre à cavités. C'est le seul arbre rencontré au cours de pérégrination en forêt de Fontainebleau.

Si d'aventure vous en rencontrez tenez moi informé !






Balisage de cheminements pour les engins  forestiers.









Arbres à abattre et arbre abattu.








Le repérage des parcelles.




Des marquages anciens encore visibles par endroit, les séries.





Les zones de silence, datent de l'époque où les voitures accédaient au cœur de forêt. Les forestiers devaient sans doute apprécier les grands herbivores à l'époque. (biche stylisée sur fond blanc)






Le marquage le plus spécifique :

Les forestiers utilisent la peinture en complément d'un marquage réalisé avec un outil particulier, le marteau forestier, ou marteau à marteler.
C'est une  petite hache portant à l'opposé du tranchant un fer à marquer.
À l'aide du tranchant le "marqueur" enlève un morceau d'écorce appelé "flachis" ou "blanchis", puis retourne son outil et imprime dans le bois une marque de reconnaissance.
Cette opération est renouvelée deux fois :
Au pied et au corps, c'est à dire sur la souche et sur le fût (tronc) à hauteur d'homme.
Les opérations de récolement seront ainsi facilitées par la présence de la marque sur le fût (Le récolement est l'opération consistant à vérifier des objets contenus dans un inventaire, dans le cas présent l'inventaire des arbres abattus.)




La marque A F à l'envers



La marque  AF Administration Forestière dans le bon sens 








Le marteau à marteler. 
 Une petite hache portant à l'opposé du tranchant un fer à marquer.





Identifier les grumes, peinture, étiquettes ...










Marquage divers (?)





Pause déjeuner ...




Ronds bleus, destinés à préserver quelques arbres remarquables.




Plus rares et même introuvables les plaquettes de l'inventaire forestier national voir ICI






Les bons tonneaux font le bon vin.

Marquages à la peinture réalisés après carottage par chaque mérrandiers participant à la vente aux enchères de chênes sur pied. (un acheteur une couleur et une marque)




Texte commercial emprunté à la toile :

Une stricte sélection des chênes, dans les parcelles misent aux enchères par l’ONF, est effectuée afin d’en connaitre le potentiel. Chaque arbre est examiné au niveau de son feuillage, du bois, de sa circonférence, de sa courbure, de la régularité de son écorce.
Il faut noter que simplement le tronc de l’arbre sera utilisé à la fabrication de douelle. En sachant que le bois est fendu en suivant le fil, 5 m3 de bois représente au final  1m3 de merrain. Le reste sera soit transformé en alternatifs, soit revendu à des industriels de la filière bois, les branchages seront vendus comme bois de chauffage.

Mais aussi à la fabrication de  staves, copeaux et granulats de chêne qui seront utilisés en cuves par les vinificateurs.
Bon à savoir : Les viticultures française et étrangère contribuent à éliminer de nos forêts les plus vieux chênes (250 ans maximum) recherchés pour leur qualités œnologiques 

Le martelage consiste à désigner les arbres à abattre.

Les choix effectués conditionnent l'aspect de la forêt pour les cinquante, ou cent ans à venir.
Mais existe t-il actuellement des choix autres qu'à court terme ?
Réduction de personnel,  restriction budgétaire provoquent l'abandon pur et simple de cette méthode traditionnelle, au seul profit de la peinture.
Le but visé par cet organisme est à terme la réalisation de peuplements équiens permettant à un seul homme au commande de sa machine de raser en quelques jours une parcelle entière.
Plus besoin de "marquer" ou "marteler"  les arbres, il suffit de désigner un numéro de parcelle au pilote de l'engin.
Pour ces nouveaux gestionnaires, harmonie, esthétique, respect des cycles de vie, protection des milieux de vie, ne font pas partie de leur glossaire !
Sauf, sauf ! dans les mouchoirs de poches concédés aux réserves biologiques




Martelage en délivrance
Les coupes d'éclaircie et de jardinage sont marquées en délivrance: seuls les arbres à abattre portent les empreintes du marteau (blanchis et empreinte au pied, blanchis et empreinte au corps). Ils sont appelés par essence, circonférence (ou diamètre) et hauteur, pour que l'estimation en soit possible. De nombreuses variantes de détail se rencontrent suivant les régions, mais les principes restent toujours les mêmes. Les appels sont pointés au fur et à mesure sur le calepin de martelage ou la feuille de martelage. De nos jours, les blanchis au corps sont remplacés par un trait de peinture et le carnet ou la feuille de martelage par le compas enregistreur et le Workabout


Martelage en réserve et en abandon (Méthode aujourd’hui abandonnée)
Les coupes d'ensemencement sont marquées en réserve et en abandon. Les semenciers réservés portent, seuls, l'empreinte du marteau (blanchis et empreinte au pied). Ils sont appelés «baliveaux». Ils sont souvent numérotés et mesurés dans les semaines qui suivent le martelage, pour faciliter le contrôle après exploitation. Quant aux arbres « abandonnés », ils portent un simple blanchis au corps. Ils sont appelés et pointés par essence, circonférence (ou diamètre) et hauteur pour que l'estimation en soit possible.
Le martelage en équipe de 5 ou 6 personnes se fait en virée (de la même façon qu'une traque à la chasse).


Pour info :



Pour terminer une vue bucolique de la forêt de demain ?

Non ! un champ de sapins de noël en Belgique 





Il m'est très amusant de constater que la cellule information promotion de l'Office National des Forêts de Fontainebleau vient sur ce blog y puiser son inspiration ! C'est le cas (incontestable) pour l'article que vous venez de lire. Comment vont-ils se débrouiller dorénavant puisque j'ai quitté cette chère forêt de Fontainebleau (humour)



 

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