vendredi 16 décembre 2016

Les Abeilles Solitaires. 2016 090

Les abeilles domestiques défrayent la chronique, elles ne représentent pourtant qu'une infime partie des abeilles présentes dans la nature.


Une abeille solitaire c'est quoi ?

Outre l’Abeille domestique, plus de  25  000  espèces  d’abeilles, appartenant  à  une  dizaine  de  familles, collectent du pollen et du nectar   qu’elles emmagasinent   pour nourrir leur progéniture. La plupart sont  solitaires  et  creusent  leur nid dans le sol. D’autres l’installent dans des arbres creux ou dans des galeries qu’elles  forent  dans  le  bois  mort, quelques-unes les façonnent avec de la résine ou de la boue mélangée de cailloux. À l’intérieur du nid, les pa rois des cellules sont faites de sécré tions de cire ou construites avec des fragments de feuilles, des pétales ou de la résine. Chaque cellule renferme un bloc de pollen sur lequel se développe une larve. Au sein d’une même famille,  les  modes  de  nidification sont souvent très variés. Certaines espèces  ont  une  vie  communautaire, plusieurs femelles vivent alors dans le même nid, chacune fabriquant et approvisionnant ses propres cellules où  elle  dépose  ses  œufs.  Quelques représentants des Halictidés et Anthophoridés et   de nombreux Apidés  ont  une  vie  sociale  mais seules les sociétés les plus élaborées (Abeille domestique, Mélipones) forment des colonies pérennes.
Source : https://www7.inra.fr/opie-insectes/

Observation d'une abeille solitaire Dasyposa sp

La Découverte. 

Je découvre un peu par hasard une colonie d'abeilles solitaires Dasypoda sp, alors que je procède à des relevés naturalistes. Mon attention est attirée par une petite bestiole disparaissant très vite dans un trou du sol. Les jours suivants je reviens sur les lieux pour étudier le comportement de ce petit animal.

Le lieu d'implantation.

L'endroit où est installée cette petite colonie, de 200 ou 300 nids est situé le long d'une haie, bordant un champ inculte.
Exposé plein sud, le sol sableux, très tassé, est également fréquenté par les Lapins de garenne,


le terrain présente une très légère déclivité.

Les abeilles solitaires et sociales.

Les abeilles solitaires représentent environ 85% des abeilles existantes, les autres sont dites abeilles sociales et vivent généralement en colonies. Les abeilles élevées par les apiculteurs font donc partie des 15 % d'abeilles dites sociales. La femelle Dasypoda sp construit un nid dans lequel, larves et nourriture y sont déposées. (la femelle est seule, sans ouvrière). Le nid est abandonné par l'insecte après obstruction de l'entrée. Un peu avant l'arrivée de l'hiver, l'adulte meurt, sa durée de vie n'excède pas trois ou quatre mois. Il n'y a donc pas de contact entre les générations d'insectes. 
Ces abeilles comme vous pouvez l'observer sur les clichés, ont une brosse de récolte très développée, sur les tibias et les métatarses postérieurs.

Deuxième observation in situ.

Observation faites lors du creusement d'un terrier.
L'abeille marche à reculons afin de déblayer le sable extrait de la galerie qu'elle est en train de creuser. Elle plie, puis déplie ses pattes postérieures en repoussant par ce mouvement, une masse de sable qui se place de part et d'autre du canal ainsi creusé par ses allées et venues.
Le sable extrait du sol forme un petit monticule, ressemblant par son aspect à ceux que font les Lapins de garenne (mis à part la taille bien entendu !)
Je remarque la présence sur le site, de plusieurs "modèles" de terriers. 




Tous, sans exception, ont un conduit de 7 mm de diamètre.
Après ces opérations de déblaiement, le sable porte les traces bien visibles des mouvements des pattes postérieures.

Les Dasypoda sp font partie des abeilles nichant dans le sol, et plus particulièrement dans le sable. Elles sont qualifiées d'insectes psammophile ce qui signifie qu'elles aiment, ou vivent sur le sable. En  grec sable se dit psammo. Curieux je veux voir ce qui se passe sous la surface du sol. Hélas la sécheresse a transformé le sable en véritable béton, il m'est impossible de creuser sans tout détruire.
À défaut je me contente de calculer la longueur approximative du conduit.
Je collecte le sable extrait par l'insecte (celui du petit monticule), je le place dans un récipient afin de calculer son volume.
Volume 90200 mm³
Le diamètre du conduit est de 7 mm.
Ce diamètre correspond parfaitement aux dimensions de l'insecte lorsqu'il est "chargé" de pollen !
A aucun moment les bords du trou ne sont au contact du "chargement" de pollen transporté par l'animal !

Connaissant le volume de sable déplacé et la taille du conduit, j'obtiens le chiffre de 82 cm
Conclusion, le conduit creusé par cette abeille mesure environ 82 cm dont il faut retrancher un volume de sable correspondant à la capacité de la ou des chambres d'incubation.
Nous pouvons supposer qu'à cette profondeur de plus ou moins 60/80 cm, les œufs et les larves sont bien protégés du froid.
Abandonnant le téléobjectif, pour l'objectif macro j'avoue ne pas avoir été déçu par ces observations, et ces découvertes. Ce n'est, semble-t-il pas terminé car l'endroit accueille beaucoup d'autres espèces...

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