22 avril 2013

Le bois mort et les arbres sénescents. 2013.046

Faut-il encore une fois expliquer que les arbres morts sont utiles à la vie de la forêt ?


Lorsque je me promène en forêt de Fontainebleau je me pose cette question face à de nouvelles coupes à blanc-étoc.



L'ONF se défend de préserver la biodiversité. Quelle foutaise !
Il en est de la biodiversité comme des activités d'autrefois. Lorsque nous commençons à en parler, il est déjà trop tard !
La biodiversité pourra bientôt entrer au musée, c'est là qu'elle aura sa place.


Comme à l'armée, dont elle tire ses origines, cette institution est organisée entre autres avec des troupes "combattantes" menant des opérations sur le terrain et des cellules chargées des relations publiques.
Ces dernières filtrent, édulcorent, embellissent, et présentent des informations le plus "green" possible.
Le public désire du vert, de la réserve biologique, de la gestion durable etc. 
Qu'à cela ne tienne nos petits hommes verts se mettent à l'ouvrage et vous présentent l'info que vous souhaitez entendre !
La réalité appliquée au terrain est bien différente.
Un exemple entre mille autres :
Un arbre abritant une cavité de Pic noir dans un arbre relativement bien portant à Fontainebleau.



Les contours du trou indiquent la présence régulière d'un animal,  restant à identifier formellement ...bref


Si vraiment la biodiversité est préservée, cet arbre échappera à la coupe !
Un simple trait rouge nous démontre tout le contraire et le forestier ne tourne pas autour du pot
Cet arbre sera abattu, comme tous les autres du secteur.
On fait dans le gros à l'ONF pas dans le détail !





Le service de propagande de l'ONF ne trompe pas tout le monde !

"Derrière un apparent changement d'attitude à l'égard du bois mort et des rémanents, une dissonance cognitive est dénoncée par François Terrasson dans la volonté de protéger la nature, avec des réserves, et via un discours contradictoire qui prétend imiter la nature en hâtant son œuvre, mais en supprimant ou limitant fortement le stade sénescent. Plus récemment, dans le cadre du Grenelle de l'environnement, la recherche de consensus a abouti à une injonction qui peut sembler contradictoire : Couper plus de bois, tout en protégeant mieux la biodiversité.
Le bois mort (nature, volume, répartition en hauteur et au sol...) fait désormais partie des indicateurs de qualité de la gestion forestière durable, notamment pour l’établissement de l’écosociolabel « FSC » (ce n’est qu’une recommandation pour le PEFC, chaque entité régionale décidant ou non de le retenir comme indicateur) ; Mais les indicateurs officiels (Observatoire national de la biodiversité/IFN en France) montrent qu'il continue à manquer dans une grande partie de l'Europe et de la France."

source wikipedia

Autres exemples. (là il s'agit d'une municipalité)
Suffit-il de placer un panneau 
ICI NOUS PROTÉGEONS LA BIODIVERSITÉ
pour nous faire avaler n'importe quelles informations ? Si un arbre mort est laissé sur place, dans un parc par exemple, il faut ABSOLUMENT lui trouver une utilité quelconque.

"Le tronc d'un arbre abattu par le vent, près d'une zone passante, a été «mis en sécurité» et conservé. Il a été sculpté par un artiste. Ces collégiennes anglaises ont préféré s'asseoir sur cette sculpture, plutôt qu'utiliser les nombreux bancs installés à proximité. Ce tronc n'est pas colonisé par les organismes saproxylophages comme il le serait sans la présence presque constante du public." Lieu : Parc de la citadelle à Lille
 Source wikipedia



Et plus loin 
Ce panneau signale au public que les grands arbres morts conservés par la municipalité pour permettre la survie des champignons, invertébrés, oiseaux, chauve-souris qui dépendent du bois mort, ont préalablement été mis en sécurité, et qu'ils sont surveillés). (Ici dans le Jardin Vauban, près du centre de Lille (Nord de la France)




Fontainebleau n'est donc pas une exception, mais semble bien confirmer la règle appliquée partout en France.


Si nous nous mettons à contester cette gestion calamiteuse de la forêt de Fontainebleau voici que nous sommes pris à parti, et traités de doux rêveurs qui n'entendons rien à la gestion forestière.
Une association Bellifontaine nous le prouve d'ailleurs en éditant une feuille de choux intitulée : "Couper un arbre n'est pas un crime"

Lorsque le naturaliste "tombe" c'est le mot qui convient, sur un arbre dépérissant cela se nomme un vrai coup de chance !


 
Les arbres morts font partie de la vie d'une forêt, tout comme les vieux (pardon les seniors !) font partie d'une société.
Une forêt saine, je n'ai pas dit gérée, comporte un nombre extraordinaire d'arbres sénescents, ou morts.


 
Ces arbres abritent une faune et une flore exceptionnelle parfois invisible pour le promeneur trop pressé.

C'est le cas pour ces arbres abritant une colonie d'abeilles sauvages.

 


Ce sont des morceaux de gâteaux de cire au pied d'un des arbres qui ont attirés mon attention.






Cette ruche sauvage  a probablement été pillée l'été précédent par une Bondrée apivore, sans que je sois en possession de preuves formelles.
Quelques semaines après ma découverte, les morceaux de cire restés au sol ont disparu ...
Qui a bien pu les emmener ou les consommer ?



LIENS


Marquage des arbres en forêt domaniale de Fontainebleau.



À bientôt ami lecteur




* je ne parle que de ce que je connais bien, c'est à dire de la forêt de Fontainebleau. Notez le avant de vouloir me tancer.