7 juillet 2013

C'est quoi une ambolie chez un végétal ? 2013. 065

Les végétaux peuvent, eux aussi, mourir des suites d'une embolie gazeuse !





Assez surprenante cette affirmation, et pourtant il s'agit bien d'une cruelle réalité.
Les arbres de nos forêts, comme ceux de forêts plus lointaines, souffrent des changements climatiques.

Fontainebleau n'échappe pas à ce phénomène. Depuis déjà un certain temps, je dénonce dans ces colonnes, le peu de cas fait par l'ONF, les différents acteurs forestiers et politiques, face à ce phénomène d'une ampleur sans précédent.

Personne ne s'émeut, outre mesure, de la disparition inexorable de nos grands arbres et des forêts tempérées, ou d'une voix si faible, que rien ne parvient à mes oreilles de naturaliste !
Bien au contraire, voyant mourir nos grands chênes et les petits également, "on" s'empresse de les vendre avant qu'ils ne perdent toute valeur.
Oserai-je dire que c'est de bonne guerre !

Défendue en son temps par les artistes de l'École de Barbizon, "attaquée" sans relâche par les bûcherons et les marchands de bois, la forêt de Fontainebleau se meurt dans une indifférence générale.

Victor Hugo, dans un billet adressé au Secrétaire général du Comité de protection artistique de la forêt de Fontainebleau, dénonçait le scandale de son exploitation.
"Il faut absolument sauver la forêt de Fontainebleau. Dans une telle création de la nature, le bûcheron est un vandale. Un arbre est un édifice; une forêt est une cité, et entre toutes les forêts, la forêt de Fontainebleau est un monument. Ce que les siècles ont construit, les hommes ne doivent pas le détruire."

Mais à cette époque les artistes n'avaient que les bûcherons et leurs donneurs d'ordres pour seuls adversaires, ils devraient composer aujourd'hui avec les changements et dérèglements climatiques.

J'ai indiqué, dans un précédent article, qu'il devient dangereux de se promener en forêt par grand vent, j'ai oublié, hélas, d'indiquer qu'il est tout aussi dangereux de traverser le Massif de Fontainebleau en véhicule.
Pour preuve cet arbre, qui malgré ses feuilles, présente tous les symptômes d'un arbre dépérissant (ils sont des milliers dans ce cas), mis à bas lors du dernier orage qui a vu des caves et sous-sols ennoyés à Fontainebleau et Avon. (lien)
Le vent ce jour là, n'a pas atteint des vitesses extraordinaires, il a pourtant été suffisant pour abattre cette belle cépée de hêtre, qui ne tenait plus guère, en travers de la D 409.





Inutile d'avoir beaucoup d'imagination pour comprendre que l'état sanitaire des arbres peut influer gravement sur la circulation routière en zone boisée.




Verrons-nous fleurir ce genre de panneau aux approches de nos forêts ?  



Bien entendu pour répondre à la question : Les arbres peuvent-ils mourir d'une embolie gazeuse, le lecteur voudra bien consulter les liens suivants.

Organisation végétative

Le stress hydrique

Les arbres face à la sécheresse.

Pour résumer voici un extrait d'un texte paru dans le lien horticole.

 Le système vasculaire des arbres transporte tous les jours des centaines de litres d'eau vers l'atmosphère. Une augmentation des tensions sur les colonnes d'eau dans leurs tissus conducteurs, notamment en cas de sécheresse, provoque au-delà d'un certain seuil leur rupture suite à l'apparition de bulles d'air. Ce phénomène de « cavitation » produit une embolie gazeuse : de la même manière que des thromboses peuvent bloquer le système circulatoire des humains, un blocage irréversible de la circulation de sève apparaît. Lorsque l'intensité de la sécheresse s'accentue, l'embolie s'accumule dans le système vasculaire jusqu'à ce que l'arbre se dessèche et meurt.
Les arbres les plus résistants sont aussi ceux qui ont le plus de chance de survivre en condition de sécheresse. Cette résistance varie entre les espèces, mais elle ne dépend pas du climat sous lequel vit l'arbre. En effet, des travaux récents (publiés dans l'édition en ligne de la revue Nature (*)) montrent que la plupart des arbres atteignent d'ores et déjà leur seuil de rupture hydraulique, les rendant ainsi très vulnérables à la sécheresse, et ce, quel que soit l'écosystème forestier considéré, en zone tropicale, aride ou tempérée.


 À bientôt amis lecteurs pour de plus rassurantes nouvelles de la nature !








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