22 septembre 2013

Le Sanglier Sus scrofa 2013 099

Les traces et indices laissés dans la nature par les Sangliers (Sus scrofa).


Le Sangliers ne sont pas des animaux très discrets, les traces de leurs passages en forêt,


dans un champ, un marais ou le long des routes sont nombreuses.


Le Sanglier est avant tout un animal fouisseur, il se sert de son groin appelé boutoir pour localiser et trouver sa nourriture en surface, sous la surface, voire très profondément dans le sol.

Voyez cet excellent article sur le régime alimentaire du Sanglier 




La terre retournée par le Sanglier est appelée boutis, il existe cependant, un vocabulaire spécifique pour désigner les formes que peuvent prendre ces recherches de nourriture.

Les sangliers vermillent lorsqu'ils recherchent des vers de terre ;
Ils mulotent lorsqu'ils fouillent ou défoncent les galeries de ces petits rongeurs (les mulots) ;
Ils fougent lorsqu'ils retournent le sol afin de déterrer les racines des fougères ;
Ils fourmillent, lorsqu'ils éventrent des fourmilières ;
Ils peuvent, également, éventrer des souches pourries, dépecer des cadavres, consommer des glands, des faines, du raisin, du maïs (bien sûr!) et quantité de graines et de fruits sauvage ou cultivés.

cadavre de biche voir mon article [ici]

Ces traces sont visibles et perdurent dans les paysages longtemps après leur passage.

Nous l'avons vu plus haut, les Sangliers sont des omnivores  opportunistes se nourrissant de ce qu'il trouvent durant leurs pérégrinations.

Ils se montrent "nécrophages" à l'occasion, assurant ainsi un rôle non négligeable de service sanitaire.

Un des traits caractéristiques du sanglier est sa propension aux milieux humides et à l'eau.

Sanglier s'abreuvant

Dans ces endroits les indices de présence ne manquent pas.

Sanglier s'abreuvant

 La souille (ne pas confondre avec la bauge endroit généralement sec où il se repose) endroit où le Sanglier vient se vautrer, garde longtemps l'empreinte du corps de l'animal, on peut y apercevoir également les traces de ses ongles et peut-être y découvrir quelques poils.


La souille peut être une simple dépression creusée par l'animal, une ornière, une mare partiellement asséchée ou les bords boueux d'un lac, d'un étang, ou d'un cours d'eau.


Ces points d'eau exercent sur nos suidés une attirance telle, qu'il leur est bien souvent impossible d'y résister !

En forêt de Fontainebleau, nos compères fréquentent les mares pérennes, à condition toutefois qu'ils puissent confectionner un bon bain de boue ni trop liquide ni trop épais. La confection de ce bain  semble obéir à des règles strictes !
Le mélange terre et eau participe au nettoyage des poils (élimination des parasites) et joue très certainement un rôle essentiel dans la régulation de la température corporelle de nos "cochons".
Il est difficile dans l'état de  nos connaissances, de connaître les vraies raisons qui poussent chaque jour nos Sangliers vers ces points d'eau.

Une fois sortis de leur bain "réparateur" nos compères filent se frotter consciencieusement le poil contre un arbre, un rocher ou tout autre support.



Voir mon film "Qui est responsable de l'usure de nos rochers?"


Les arbres, les souches et les rochers assidûment fréquentés sont parfois polis à l'extrême.
Les frottoirs (nom donné à ces arbres ou rochers sur lesquels ils s'étrillent) sont usés et polis par l'usage intensif qu'ils en font, le bois est très doux au toucher, comme sur ces souches.





Les frottoirs sont généralement situés à peu de distance du milieu humide.
Le tronc usé est facilement reconnaissable à la terre et aux quelques soies incrustées dans l'écorce.


La hauteur fournit des renseignements sur la taille de l'animal ce qui peut-être utile pour la reconnaissance de ces indices, car le Cerf élaphe fréquente lui aussi les souilles.


Voyez ce document "Petit bain pour grand cerf" de "roboisdesbains"



En quittant la souille ils laissent encore quelques traces de boue sur la végétation ou sur les obstacles placés en travers de leurs coulées, surtout si la bête de petite taille y frotte son abdomen.
Ces obstacles, généralement des troncs, portent quelquefois les traces des ongles des sabots.

Sur ses coulées le Sanglier laisse des témoignages de son passage, sans intention de marquer son territoire comme le ferait un carnivore.


Suivant la nourriture consommée ces crottes ont des aspects bien différents.




Les clôtures de fils de fer barbelés ne les arrêtent pas, ils passent sous, au dessus, ou entre les rangs de fils. 
Les piquants retiennent parfois quelques soies caractéristiques à l'espèce.


Voir ma note n° 0022 à ce sujet


Les traces de pattes sont, bien entendu, caractéristiques à l'espèce.

Patte de Sanglier

À la différence des traces de cerf avec lesquelles elles pourraient être confondues,

Patte de cerf

celles du sanglier ont toujours quatre ongles marquant le sol (généralement, mais ce n'est pas une règle absolue !).  Les doigts vestigiaux du sanglier portent sur le sol, alors que chez le Cerf élaphe ils sont situés nettement plus haut et ne "marquent" que lors d'un saut ou sur un sol particulièrement meuble.

 Au sujet des doigts vestigiaux voyez mon article "ongles et les sabots". 



Traces de Cerf élaphe en haut à gauche et biche en bas à droite

Patte de cerf et traces

À bientôt ami lecteur pour de nouvelles aventures.