27 mars 2014

Traces indices Martin-Pêcheur. 2014 025

Bien souvent introuvables ou très discrètes les pelotes de réjection du Martin-Pêcheur fournissent des renseignements précieux sur le régime alimentaire de notre alcédinidé .

Les bords du Loing

Le Martin-Pêcheur est un hôte relativement fréquent de nos cours d'eau.
Il se fait surtout remarquer par ses magnifiques couleurs.
Tous les observateurs s'accordent à reconnaître qu'il est plus fréquent d'apercevoir ce bolide bleu, et orange survoler rapidement la surface de l'eau que de le surprendre sur ses perchoirs préférés !


Impossible pour un photographe naturaliste de rester insensible à ce bel oiseau, mais comment le trouver ou trouver ses traces et indices de présence ?

Côté pile 


Côté face 


Le Martin Pêcheur se perche très souvent au dessus de l'eau, c'est pour cette raison que les indices de sa présence sont bien souvent absents.
Perché au dessus de l'eau, fientes et pelotes de réjection se perdent dans l'élément liquide. Mais il arrive avec un peu de chance de trouver des fientes au sol, ou sur les perchoirs fréquentés par notre pêcheur.



Les fientes se reconnaissent assez facilement, par leur couleur blanche. Cette couleur est une caractéristique de tous les oiseaux consommant des poissons : hérons, cormorans, grèbes ...

Sur les perchoirs régulièrement fréquentés, là où après sa partie de pêche l'oiseau vient assommer sa proie, il est possible de trouver quelques écailles provenant de ses "victimes".





Après avoir capturé un poisson le Martin-pêcheur doit tuer sa proie, puis la disposer tête en avant, s'il nourrit sa progéniture, ou dirigée vers son estomac s'il la consomme.
Vous comprendrez aisément que pour parcourir le tube digestif il vaut mieux  "caresser" les écailles dans le bon sens !






En regardant les clichés ci-dessus, il est donc possible d'émettre l'hypothèse que l'oiseau s'apprête à nourrir sa nichée.
En effet, les poissons portent des traces de sang, ils sont morts, et leur tête est dirigée vers ... le fond de "l'estomac" des jeunes. cqfd

Les pelotes de réjection (jection) sont, généralement, constituées de matières ou d'éléments du squelette non digérés. Chez de nombreux oiseaux comme par exemple les rapaces nocturnes, les pelotes forment des ensembles cohérents, supportant les agressions extérieures. Cette cohésion des éléments est généralement assurée par les poils, entremêlés aux autres déchets non digérés.
Les pelotes du Martin-pêcheur sont inconsistantes, rien ne permet d'assurer une liaison entre les différents éléments, arêtes, écailles, ou cuticules (exosquelette) des insectes (aquatiques).







Le Martin-pêcheur n'est pas très méfiant, le naturaliste et le photographe pourront donc aisément lui tirer le portrait, une fois découvert ses lieux de pêche, ou de nidification. Je ne vous ferai pas l'injure de rappeler que les oiseaux, comme beaucoup d'autres animaux sont victimes de nos agissements, il s'agit, dans le cas du Martin-pêcheur, d'être prévoyant pour l'installation des affûts.




LIENS:
Une étude intéressante sur le Martin pêcheur huppé  [ ICI ]


À bientôt pour de nouvelles aventures naturelles et photographiques.




N'oubliez-pas que le temps passé sur photonaturefontainebleau est autant de temps que vous ne passerez pas dans des activités dépourvues, parfois, d'intérêt.