31 janvier 2017

Les barrages de père castor. Castor d'Europe. 2017 015

Le Castor d'Europe Castor fiber est bien présent sur les cours d'eau français.

Une longue histoire après une quasi disparition.

C'est probablement grâce à des passionnés et à sa protection par arrêté du 23 avril 2007 que cet animal a "re"colonisé des territoires d'où il avait été chassé, persécuté, et éradiqué purement et simplement.
Sans vouloir déclencher de polémique, comme je m'y suis engagé, concernant les persécutions dont sont victimes les animaux sauvages, et plus particulièrement les Castors européens, je demande aux lecteurs de bien vouloir effectuer leurs recherches sur la toile pour s'informer.

Le Maine-et-Loire et les Castors européens.

J'ai la chance d'habiter, depuis peu, une belle région où les Castors Européens sont bien représentés. Moi qui, depuis ma plus tendre enfance, aime jouer les trappeurs, ici dans le Maine-et-Loire, je suis comblé ! La Loire et un grand nombre de ses affluents ont été colonisés par le Castor européen, et les implantations semblent continuer.
 Pour approfondir vos connaissances, sur cet animal,
 je vous recommande les ouvrages suivants :
- Les sentiers du naturaliste Le Castor. Pierre Cabard éditions Delachaux et Niestlé (intérêt 4/5) ;
- Les numéros 85 et 87 du journal La Hulotte (intérêt 5/5);
- Les mammifères sauvages d'Europe tome 2 de Robert Hainard éditions Delachaux et Niestlé.(intérêt 4/5).

Pour le pisteur que je suis, le Castor européen est celui qui laisse le plus grand nombre d'indices de présence sur le terrain. Ce n'est pas un hasard, car il est un de ceux qui transforme le plus le paysage et l'environnement là où il vit !

Ces aménagements sont capables de modifier favorablement :
- Le régime des eaux d'une rivière, d'un ruisseau ;
- La qualité des eaux (filtration par les barrages et décantation en amont)
- La végétation des rives sur une largeur approximative de plus ou moins trente mètres (là où les animaux prélèvent leur nourriture) ;
- Les peuplement forestiers bordant les cours d'eau (sélection suite aux prélèvements de nourriture) ;
- La taille des arbres situés sur la zone des trente mètres (recépage) ;
- La strate herbacée (ouverture de clairières) ;
- Le nombre d'espèces inféodées aux milieux aquatiques et leur effectif ;
- La reproduction des poissons, des amphibiens (création de zones de fraie de ponte) ;
- Les lieux de nidification des oiseau d'eaux (création de roselières, de phragmitaies favorables aux refuges et à la nidification)  ;
- Le niveau des nappes phréatiques ;
- Le micro-climat de la zone humide créé par la retenue d'eau ;
- Les berges des cours d'eau ;
- Les zones de fraie ;
- Les zones d'accueil des animaux inféodés aux milieux humides ;
- Les débits des cours en période d'étiage et lors des crues ;
- Les peuplements d'insectes inféodés aux essences forestières dont le castor se nourrit ; 
Etc.
Le castor est un rongeur aquatique, c'est dire qu'il apprécie peu les déplacements sur la terre ferme.
Tous les "aménagements" créés découlent donc de ce postulat.
Les barrages construits par notre rongeur n'ont d'autres buts que :
- de favoriser l'accès par la voie "humide" aux sources de nourriture trop éloignées du cours d'eau ;
- de tenir constamment immergée l'entrée de sa "hutte" !
Simple encore fallait-il y penser ! 

La Hulotte dans son numéro 85 (pages 32 et 33) explique bien la "technique" employée par cet ingénieux animal pour atteindre des arbres éloignés du cours d'eau.
Les recherches effectuées sur la toile ne font que très peu référence aux barrages de castors installés sur les cours d'eau de notre beau pays. Ce sont le plus souvent les barrages de son homologue canadien le Castor canadien Castor canadensis qui font la une des revues. Le Castor européen Castor fiber ne construit pas de barrage sur de grands fleuves comme le Rhône ou la Loire, les barrages sont établis là où la profondeur de l'eau est inférieure à 60 cm (P Cabard Le Castor P 99) Les affluents des grands cours d'eau colonisés par le Castor européen ont toutes les chances d'être, à leur tour, colonisés si les ressources alimentaires sont disponibles. Si la profondeur du cours d'eau est insuffisante l'animal se met au travail et aménage ce qui devient son territoire de façon plus "sécuritaire".

Les Travaux.


- Création et entretien de barrages ;
L'entretien est effectué toute l'année même pendant les périodes de gel (cliché réalisé durant la vague de froid (!) de l'hiver 2017) Pour preuve ces branches fraîchement écorcées et transportées sur le barrage pour le renforcer (?) l'entretenir (?).





- Creusement de chenaux facilitant l'accès aux sources de nourriture ;




 - Coupes d'arbres, de baliveaux ;





- Entretien des cépées ;

- Stockage de réserves ; 
documentation à venir
- Construction de la hutte, du terrier ;
documentation à venir
 

Le Barrage 

La construction du barrage répond à des règles de construction très bien décrites dans les ouvrages cités en référence (en début d'article).
Lorsqu'on rencontre un tel ouvrage on ne peut qu'admirer le génie inventif de ces animaux ! 
Autoportrait donnant une idée de la taille de ce barrage installé sur un affluent de la Loire

La barrage est construit avec des morceaux de bois de tailles différentes, certains ont la taille des pylônes (en bois) supportant les lignes téléphoniques quant aux plus petits ils ont la taille approximative d'un barreau de chaise, voire plus petit.


C'est un enchevêtrement, un fouillis de branches, qui répond pourtant, plus qu'il n'y parait, à des règles strictes d'installations.
Notre bûcheron, est également un terrassier. Il transporte des cailloux, des feuilles mortes, de la terre et de la boue.




 Ces matériaux, patiemment transportés par les propriétaires des lieux servent à alourdir, stabiliser, colmater, et étanchéifier le barrage. 

Le rôle des barrages.

Le, les barrages installés sur un (petit) cours d'eau sont, rappelons-le, destinés à garder l'entrée du gîte en permanence sous l'eau et permettent aux animaux de se déplacer en toute sécurité dans l'élément liquide pour accéder à leurs ressources alimentaires. 

Régime Alimentaire du Castor européen.

De quoi se nourrit le Castor ?
Si son régime alimentaire présente quelques variations locales il ressort que notre compagnon aux grandes incisives présente une forte appétence pour les essences au bois tendre, peupliers,Populus tremula,  saules, Salix alba, Salix fragilis, Salix elaeagnos, et Salix caprea (P Cabard Le Castor 2009) sans toutefois dédaigner noisetiers ou bouleaux. Il est communément admis que le Castor est capable de s'adapter à la végétation présente sur les lieux colonisés. Dresser la liste exhaustive de ce qu'il aime ou dédaigne n'est pas possible.

Wikipedia dans un long texte nous parle du régime alimentaire de notre compère.

Elle a fait depuis les années 1930 au moins l’objet de nombreuses études, dans le cadre notamment de la préparation ou de l’évaluation des opérations de réintroduction ou de protection. Même s’il optimise ses choix en fonction des défenses biochimiques naturelles des arbres, et des ressources locales notamment en été quand la biomasse fraîche est la plus abondante, le castor européen se montre très sélectif dans ses choix alimentaires, y compris quand il vient d’être introduit dans un milieu où il a un large choix au sein de ses espèces alimentaires préférées. Par exemple dans un lac de 15 ha bordé de 5 ha de sylvicultures où ont été réintroduits en 2005 6 castors originaires d’Allemagne, on a étudié les choix d’espèces et de classes d’âge et de diamètres d'arbres les plus souvent choisis par les castors afin de déterminer si ces choix reflétaient la disponibilité locale des ressources. Les résultats ont confirmé que les castors réintroduits étaient très sélectifs quant à l’essence et au diamètre des arbres choisis, et ces choix ne reflétaient pas la biodisponibilité des bois : ils ont choisi des classes de taille similaires parmi quelques espèces préférées, et n’ont pas dans ce cas utilisé de « bois » de sylviculture. Bien connaître ces préférences peut aider à protéger les arbres que des propriétaires riverains souhaitent conserver (par un grillage par exemple). Le castor est réputé exclusivement végétarien mais comme les grands herbivores, il ingère probablement quelques œufs et larves de vertébrés et quelques invertébrés (larves présentes sous les écorces ou dans la végétation aquatique… Un castor adulte ingère environ 2 kg de matière végétale (ou en hiver 700 g d’écorce par jour. Il se nourrit essentiellement des tiges et branches de 3 à 8 cm de diamètre et principalement dans la strate basse de la ripisylve où après quelques années il entretient souvent une zone plus buissonnante qui offre moins de prise au vent que les grands arbres et permet un ensoleillement plus important du milieu aquatique. Outre les écorces et plants ligneux qui constituent l'essentiel de son alimentation hivernale, il adapte9 sa consommation aux ressources locales et saisonnières en feuilles et tiges de ligneuses et de plantes aquatiques (hydrophytes ou hélophytes…), y ajoutant des fruits, des tubercules ou des végétaux qu'il collecte jusqu'à une trentaine de mètres de l'eau (exceptionnellement jusqu'à 50 m). Les « coupes sauvages » réalisées par l’animal, loin de dégrader le milieu naturel, favorisent les éclaircies et la multiplication végétative par rejets ou drageons. Les provisions faites sous l'eau et les écorces de branches, tiges et troncs de ligneux constituent l'essentiel de son alimentation hivernale ; il peut consommer toutes les essences européennes mais il montre une nette préférence pour les salicacées (Saules, Salix spp. et Peupliers, Populus spp.) sans dédaigner le Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea), le Noisetier (Corylus avellana), l'Orme champêtre (Ulmus campestris) quand ils sont présents sur son territoire, ou - mais plus rarement - l´Aulne glutineux (Alnus glutinosa) ou encore certains fruitiers qui auraient été plantés non loin de l'eau (pommiers, poiriers). Du printemps à l'automne, il consomme de nombreuses herbacées et apprécie notamment l'Armoise (Artemisia vulgaris) et la reine des prés. Les saules et peupliers ont coévolué avec lui depuis plusieurs millions d'années et ont acquis une capacité de recépage telle que là où elles poussent naturellement, elles sont difficilement sur-exploitables par les castors, comme toutes les espèces des ripisylves de l'hémisphère nord (ce qui n'est pas le cas dans l'hémisphère sud où aucun animal ne se nourrit à la manière du castor en étant capable de couper des tiges et troncs). En coupant les tiges et arbres de la berge et du proche lit majeur pour en faire des barrages ou se nourrir, le castor modifie le cycle de l'eau du bassin versant en favorisant près de l'eau les saules et peupliers. Sinon, il se rabat sur des buissons tels que cornouiller sanguin, noisetier, l'orme champêtre et moindrement l’aulne glutineux.

Le Castor d’Europe modifie les paysages. 

Avant :

Après son implantation :

Présence de barrages (traits rouges) apparition de grandes étendues d"eau, de zones humides, nombreux indices de présence à proximité du réseau hydrographique (points rouges). Dessin exécuté d'après carte au 25 000.

à suivre !


Quelques liens concernant le Castor européen.

http://www.oncfs.gouv.fr/IMG/file/mammiferes/autres-especes/synthese_nationale_2015_reseau_castor.pdf

http://www.oncfs.gouv.fr/IMG/file/mammiferes/autres-especes/Guide_Castor_Loutre_ONCFS_2010_bd.pdf


http://www.oncfs.gouv.fr/IMG/file/mammiferes/autres-especes/Castor_biologie.pdf

http://www7.inra.fr/lecourrier/assets/C14Rouland.pdf

http://www.natagora.be/index.php?id=castor


http://www.waldwissen.net/wald/wild/management/wsl_biber_landschaftsgestalter/index_FR

 
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