20 février 2017

Le Castor d'Europe en son domaine la Loire. 2017 018

Pendant les périodes froides contrairement aux idées reçues, le castor n'hiverne pas !

Il existe quelques endroits privilégiés en bord de Loire où il est possible d'observer les aménagements du plus gros rongeur européen. Les zones ennoyées résultent d'un travail acharné et assidu du Castor d'Europe (LIEN). La montée des eaux favorise l'accès à de nouvelles ressources alimentaires. En période de grand froid la couche de glace pourrait laisser croire que toute activité s'arrête chez les castors et qu'ils passent leur temps bien au chaud dans leur hutte. Il n'en est rien, le reportage qui suit en apporte la preuve.

Malgré les températures négatives enregistrées depuis 10 jours, les barrages sont surveillés et entretenus, ces morceaux de bois fraîchement coupés témoignent d'une activité récente. 

Ci-dessous un animal (peut-être un castor) a percé la couche de glace pour accéder à l'air libre,
En quittant l'élément liquide l'animal entraîne avec lui les morceaux de glace qui se retrouvent disposés autour du trou. Le jour de la prise de vue (il gèle) le passage pratiqué par notre compère est à nouveau pris par la glace.
Ici les morceaux de glace ont été déplacés sur le bord de la ligne de rupture (flèche et pointillés rouges). En regagnant l'élément liquide, sans doute précipitamment, l'animal plonge, brise la pellicule glacée, provoque une légère vague suffisante pour déplacer les morceaux brisés (points jaunes).
A proximité deux arbres à l'écorce rongée expliquent pourquoi le castor a décidé d'aborder à cet endroit !
Autres preuves de la présence active du Castor d'Europe pendant ces périodes très froides. De nombreux trous dans la glace conduisant aux chantiers d'abattages.



Des branches coupées et écorcées ont été tirées jusqu'au trou de plongée.

Un cas intéressant.

 Comment l'animal s'est-il débrouillé pour couper les branches de cet arbre abattu, à une telle hauteur ?

Revenons en arrière : Après la chute de l'arbre, les branches du houppier sont en partie immergées. Le poids des branches fait fléchir le tronc qui a tendance a entraîner l'ensemble vers le fond de la pièce d'eau.
Le froid s'installe durablement, la glace emprisonne les branches et forme une pellicule assez résistante pour supporter le poids des animaux.
Ces conditions favorables permettent aux castors d'accéder aux branches situées en hauteur et de dépouiller l'arbre de la presque totalité des branches du houppier.
Avec la fonte de la glace et libéré du poids de ses branches (coupées par notre rongeur), l'arbre se redresse un peu en hauteur. Un observateur, non averti, ne peut imaginer comment un animal de quelques dizaines de centimètres, 70 à 80 cm, dressé sur ses pattes postérieures a réussi à couper des branches situées à une hauteur de 1,50 m voire plus au dessus de la surface de l'eau ! (sachant que notre copain des copeaux ne grimpe pas aux arbres !)
J'ai écrit plusieurs articles en rapport avec le Castor d'Europe cliquez ICI




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